L’avantage et l’inconvénient de faire des études de cinéma, c’est que parfois on a littéralement envie de se liquéfier sur sa chaise au visionnage de certains « chef-d’œuvres » et d’autre fois on se retrouve devant des pépites qui nous décrochent la mâchoire. Question de perceptions.
Marie est “Casque d’Or”, une jeune femme de la Belle Époque qui vit d’amour et d’eau fraîche et peut-être d’un brin d’activités pas très catholique. Quand elle rencontre Manda dans une guinguette c’est le coup de foudre, au grand dam de son amant Roland, petite frappe sans envergure qui va chercher les ennuis avec Manda une fois que celui-ci aura éprouvé les talents de danseuse de sa belle. Les deux tourtereaux fuient à la campagne mais le bonheur sera de courte durée, le vil et manipulateur Leca veillant dans l’ombre.
Injustement boudé à sa sortie en 1952, ce n’est qu’après une tournée mondiale triomphante que le film connut le succès par chez nous. Le scénario fut inspiré d’un fait divers qui marqua la presse de l’époque, l’histoire d’Amélie Élie une prostitué qui fit chavirer le cœur de gangsters parisiens qui se livrèrent une lutte meurtrière en son nom. Dans les faits, l’histoire est bien plus sordide que le glamour romanesque du film. Simone Signoret trouva là le rôle qui propulsa sa carrière et fit d’elle une star dans le monde entier. Tout les acteurs (Serge Reggiani en tête) sont justes et poignants.
Des décors, aux costumes, en passant par la musique, tout a été extrêmement soigné, sans parler des dialogues et du noir et blanc sublime de l’époque (magnifiquement restauré sur l’édition DVD). Il s’en dégage une atmosphère unique, emprunte de nostalgie sur fond de valse amoureuse et de lutte entre malfrats . Tout simplement inoubliable.
Casque d’Or, de Jacques Becker, 1951, Noir et Blanc, 1h36. Avec : Simone Signoret, Serge Reggiani, Claude Dauphin, Raymond Buissières, William Sabatier…




